Des diamants à Chibougamau
La compagnie minière Stornoway a présenté, le 22 mars dernier, à l'Hôtel de Ville de Chibougamau, son projet de mine de diamants qui prévoit une mise en activité dès 2013.
Une présentation du projet «Renard» a permis aux citoyens de mieux saisir tout le travail d'exploration qui a débuté en 1996, dans les monts Otish. Selon le scénario de l'entreprise, la construction des infrastructures minières se mettrait en branle en 2011 et les opérations minières deviendraient une réalité en 2013, créant plus de 260 emplois pour une période de 25 ans. Cheminées de kimberlite Les diamants se retrouvent essentiellement dans des cheminées qui sont d'anciens volcans qui atteignent des profondeurs de plus de 200 km. La pression extraordinaire qui existait dans ces cheminées a permis la formation de diamants. Sur le site de Renard, il y a une dizaine de cheminées et des «dykes». Les «dykes» sont des formations géologiques plates qui pénètrent sous différents angles dans le sol. L'un d'eux, le dyke Lynx, fait 4,5 km de long. La cheminée Renard 2 a, pour le moment, une profondeur de 700 mètres avec des réserves de diamants tout en ayant une largeur de 100 à 200 mètres. L'exploitation des réserves connues assure 25 ans de travail, mais les dirigeants de la compagnie sont très optimistes quant à la possibilité d'augmenter la vie de la mine de plusieurs années. Les études de faisabilité et des impacts environnementaux et sur le milieu social débutent, et devraient se terminer dans 18 mois. Les consultations publiques suivront leur cours par la suite. Très bon potentiel Le projet Renard est le meilleur projet de mine non encore exploitée dans le monde. Avec une réserve mondiale de diamants de 14 ans, le projet arrive à point. La qualité des diamants découverts sur le site laisse croire à un très bon potentiel pour de gros diamants de 20, 50 ou même 100 carats. La prévision initiale est de produire 36 millions de carats, ce qui devrait rapporter plus de 5,7 milliards $. Le projet a été bien accueilli par le milieu puisqu'à la Bourse, l'action de Stornoway a bondi de plus de 40 %. La mise en activité du projet qui comprendra deux mines à ciel ouvert pour une profondeur de 300 mètres et un puits qui atteindra 800 mètres, dans une première phase, nécessitera un investissement de 450 M$. Des génératrices assureront la production d'électricité pour la mise en route de la mine, car aucune ligne électrique ne dessert ce coin de la province. Il s'agira de voir la vision du gouvernement à ce sujet, compte tenu du potentiel minier et touristique de ce secteur. Il va sans dire que l'image «verte» de la province risque de peser dans la balance. Fine pointe de la technologie Utilisant une technologie haut de gamme, la compagnie Stornoway est sûre d'imposer un minimum de contraintes environnementales au milieu. N'utilisant pas de produits chimiques et ne créant pas de ruissellement chimique, l'entreprise réduit la pierre à un sable grossier qui sera étendu sur une grande surface qui ressemblera à une gravière. Les matériaux seront dirigés vers l'usine qui broiera la pierre de plus en plus finement. Les diamants seront détectés automatiquement et délogés par un jet d'air du tablier roulant. Pour les plus petits diamants, une couche de cire d'abeille permettra de les recueillir sans perte. Conditions gagnantes Les dirigeants de Stornoway sont très emballés par le projet Renard qui verra le jour 17 ans après les premières prospections. Cependant, leur échéance est directement reliée à la route des monts Otish. Chaque délai dans l'élaboration de cette route retardera l'ouverture de la mine. La construction des ponts d'ici l'hiver 2011 sera le nerf de la guerre. La construction des infrastructures offrira 300 emplois et le fonctionnement de la mine nécessitera un minimum de 260 emplois. Il ne reste donc que trois ans aux entrepreneurs, commerçants et autres intervenants pour se préparer et se faire connaître par la compagnie Stornoway. L'expertise régionale dans le secteur minier est un atout. Il sera aussi intéressant de voir où s'établiront les 260 travailleurs du projet Renard et quels incitatifs seront présentés pour attirer ces gens à Chibougamau. Avec les potentiels miniers qui sont en développement dans les alentours, Chibougamau doit tirer son épingle du jeu et profiter des vents favorables pour assurer son développement économique, mais aussi son développement social.
Une foule nombreuse s’était déplacée pour entendre les responsables de la compagnie. La présidente, Eira Thomas, était accompagnée du vice-président, Ghislain Poirier, et de Pierre Bertrand de Soquem, le partenaire dans cette aventure.
