Wednesday, March 03, 2010

Le diamant zimbabwéen sous surveillance

 Un superviseur international est arrivé dans le pays d’Afrique australe pour contrôler les conditions d’exploitation des gemmes.

diamants

Abbey Chikane, l’inspecteur sud-africain nommé par le Processus de Kimberley (KP), est arrivé hier à Harare, la capitale de l’ex-Rhodésie, pour une visite de trois jours. Une visite qui se répètera tous les mois. La mission du directeur du South African Diamond Board, également président fondateur du KP et ancien directeur exécutif du sud-africain State Diamond Trader, a pour but de surveiller la mise en œuvre du Plan de travail conjoint (JWP) tel que défini par le KP. En novembre dernier, lors d’une séance plénière, le KP avait défini un programme de travail de douze étapes afin que le Zimbabwe soit en conformité avec son système de certification. Dans le cadre de ce plan, le Zimbabwe a convenu de cesser toutes ses exportations de diamants de la mine de Marange, dans l’est du pays, objet du litige. Selon de nombreuses organisations non gouvernementales, l’armée y est accusée de travail forcé, parfois d’enfants, et de violations des droits de l’Homme lors de l’extraction des gemmes.

 

« Le rôle du superviseur est de s’assurer, en liaison avec la République du Zimbabwe, représenté par son ministre des Mines, de la mise en œuvre du Plan de travail conjoint et de faire un rapport régulier au Processus de Kimberley », précise Boaz Hirsch, le président de l’organisation. « Abbey Chikane jouera également un rôle clé à l’égard du mécanisme de contrôle des exportations des diamants de la mine de Marange dans le respect des exigences minimales du KP. » Le superviseur aura l’« accès total et illimité » à l’ensemble des sites de production et de traitement, à tous les intermédiaires de la mine à l’exportation, y compris les représentants du gouvernement, de l’industrie et de la société civile.

 

« Nous pensons que la mission sera un succès. Le Zimbabwe a fait de son mieux pour appliquer les normes du KP », se félicite Obert Mpofu, le ministre zimbabwéen des Mines. Toutefois, menace-t-il, « si le KP n’est pas satisfait de nos efforts et veut se montrer difficile, en nous accusant d’avoir faillit à leurs exigences… nous n’en perdrons pas le sommeil, nous quitterons » le Processus et « nous ne perdrons rien. Le KP ne possède pas les marchés internationaux du diamant. Le Zimbabwe quittera le KP et vendra ses diamants sur ces marchés ». Ses commentaires font écho aux propos du Président Robert Mugabe tenus il y a quelques semaines.

 

Beth Gerstein, du bijoutier américain Brilliant Earth, accuse, quant à elle, le Zimbabwe de mélanger la production de la mine de Marange avec celle des autres mines. « En dépit de l’interdiction provisoire des exportations, des gemmes de Marange passent en contrebande hors du Zimbabwe et sont vendus sur le marché mondial », précise-t-elle. 

 

Le Processus de Kimberley (Afrique du Sud), conçu en 2000, a été lancé officiellement en novembre 2002. Cette initiative internationale a pour but de mettre un terme au commerce international illicite de diamants bruts, les « diamants de la guerre », qui selon la définition donnée par l’ONU « sont des pierres originaires de zones contrôlées par des forces ou des factions opposées aux gouvernements légitimes et internationalement reconnus et qui sont utilisées pour financer des actions militaires contre ces gouvernements, ou pour agir à l’encontre de décisions du Conseil de sécurité ».

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